Starlight ¤ Richard Wagamese

J’ai pleuré en fermant Starlight. Il faut dire que depuis que j’ai lu mon premier Wagamese, il fait partie de mes auteurs bonbons. Je m’explique : Richard Wagamese est mort en 2017, laissant derrière lui un manuscrit inachevé que son éditeur décide de publier tout de même. Pour les amoureux de Wagamese, la lecture de ce roman sera sûrement très émouvante, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, je vous invite à plonger dans l’oeuvre de ce grand monsieur. Tu viens ?

De retour en Colombie-Britannique où l’on retrouve Frank Starlight, le héros de Les étoiles s’éteignent à l’aube, après la mort du vieil homme. Frank recueille à la ferme une jeune femme et sa fille fuyant leur ancienne vie et n’ayant pour tout viatiques que quelques affaires volées et des blessures encore ouvertes…

Dans la forêt, Emmy et Winnie apprendront à respirer, à marcher en silence, à regarder la nature, à retrouver un sentier, à communiquer avec les animaux et à remercier le monde sauvage pour ce qu’il donne.

L’écriture de Wagamese est toujours aussi puissante dans cette histoire de guérison, de pardon et d’amour. Ses mots, bruts et parfois fragiles(roman inachevé oblige…) pansent et désinfectent les plaies et les écorchures les plus profondes. Avec Wagamese, même si le chemin est dur et semé d’obstacles : on arrive toujours chez soi, dans la lumière sublime du matin et dans la chaleur de l’amitié.

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Alberta, Canada © Photo Lune Vuillemin

 

La fin de ce roman n’a pas été écrite. L’éditeur Canadien, McClelland & Stewart, a décidé de nous offrir comme épilogue une nouvelle écrite par l’auteur en 2007 qui lui aurait inspiré le roman. Finir en poésie et en imagination avec la liberté d’écrire la suite…

Il m’est difficile de parler de ce roman, sans être très émue par la mort de ce grand monsieur dont les romans et les personnages résonnent encore en moi, dont les descriptions de la nature font écho à mon amour du monde sauvage. Richard Wagamese ma apprit la puissance du pardon. Merci, du fond du cœur, merci : pour la poésie, la force des personnages et l’initiation.

Lune.

« Elle fut surprise de constater combien elle avait peu besoin de la parole et du langage. Les mots restaient en elle comme des pierres. Quand il lui arrivait de les utiliser, elle reconnaissait leur poids, leur signification, leur importance et elle sentait dans sa manière de les choisir une pertinence croissante. Elle en vint à préférer l’interaction non verbale. Elle en vint à reconnaître qu’entre chaque mot et le suivant, il y avait un silence, et que c’était à l’intérieur de ces minuscules silences que se produisaient la véritable communication. »

IMG_8671.JPGStarlight de Richard Wagamese traduit par Christine Raguet pour les éditions ZOE. 2019


AVT_Richard-Wagamese_365Richard Wagamese est né en 1955 en Ontario et mort en 2017 en Colombie-Britannique. Il fut journaliste et producteur pour la radio et la télévision. Ojibwé originaire du nord-ouest de l’Ontario, il est devenu en 1991 le premier autochtone Canadien à gagner un prix de journalisme national.

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