Shiloh ¤ Shelby Foote

J’ai dévoré ce roman de Shelby Foote en une journée. Il faut dire que c’est un sacré voyage. J’avais un peu goûté à la Guerre de Sécession Américaine dans le merveilleux Wilderness de Lance Weller, et c’est une période de l’histoire américaine qui attise beaucoup ma curiosité. Tu viens?

Cette guerre, appelée Civil War déchire les très jeunes Etats-Unis de 1861 à 1865, notamment les états abolitionnistes et les états esclavagistes. Ce pays qui vient à peine de déclarer son indépendance se morcelle autour de la question de l’abolition de l’esclavage. Contre toute attente, ce qui était au début un besoin de confrontation sur le champs de bataille se transforme en une longue et sanglante guerre. Un soldat sur cinq meurt pendant les affrontements entre gilets bleus et gilets gris.

Shelby Foote fait le choix de nous emmener à la bataille de Shiloh, dans le Sud-Ouest du Tennessee. Le récit qu’il offre se veut le plus proche possible du déroulement de cette bataille, jusqu’à la météo. Si les « grands » noms de l’Histoire Américaine y sont cités et y font leur apparition – Sherman, Ulysses Grant, Buell ou encore Johnston – l’auteur met en scène les soldats « de l’ombre »… ceux plus bas gradés, plus ou moins jeunes, plus ou moins « expérimentés ». Qu’ils soient Unioniste ou Confédéré, peu importe, dans cette histoire il n’y a pas de « méchants » ou de « gentils » mais que des hommes qu’une absurde et violente guerre finit par unir malgré tout. Une union dans la peur. Des hommes qui tremblent et se retournent sur leurs vies.

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L’intérieur d’une tente lors de la guerre de sécession © Matthew Brady
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Prisonniers Confédérés attendant un transfert © Matthew Brady

Si l’écriture – plus journalistique que romancée – m’ a un peu rebutée au début, j’ai fini par me perdre dans la fumée des canons, dans la poussière et le sang, sous la pluie et dans les bruits de la peur avec ces hommes perdus. La guerre y est remise en question, les stratégies et les plans détaillés des grands chefs militaires incompris des bataillons sont presque moqués, les relations entre officiers, éclaireurs ou généraux décortiquées.

La bataille de Shiloh c’est avant tout un massacre. C’est avant tout la peur. Un roman pour plonger dans l’histoire, les dents serrées, les doigts dans la terre.

Lune.

« Je n’avais pas été démoralisé, plus tôt, au chemin creux. Je n’avais pas non plus perdu confiance. J’avais eu peur, tout simplement, autant qu’il est humainement possible d’avoir peur, voilà pourquoi j’avais abandonnée le combat. »

 

IMG_8456Shiloh de Shelby Foote traduit par Olivier Deparis, Editions Payot & Rivages. (USA-1952)


¤ 50 états en 50 livres ¤ Tennessee ¤


AVT_Shelby-Foote_760Shelby Foote est né dans le Mississippi en 1916 et y est mort en 2005. Romancier et historien, il est l’auteur de plusieurs romans, de nouvelles et d’ouvrages historiques.

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