La chambre de Giovanni ¤ James Baldwin

Paris des années 50, Paris-nuit, Paris-rues, Paris-liberté, Paris-fougue, désir, amours, désillusions… Baldwin nous y embarque, en compagnie de David, l’Américain, qui pendant l’absence de sa fiancée partie réfléchir en Espagne, va rencontrer le beau Giovanni, serveur italien d’un bar gay. Troublé et tiraillé par le désir et le doute, David raconte.

La rencontre, le désir, l’indécision. Une femme – loin – et un homme  entre les murs d’une chambre qui prend corps, peu à peu. Une chambre étouffante, un étau, pour David qui ne parvient pas à accepter son homo ou bisexualité. Baldwin n’exclue en aucun cas les femmes, celles dont l’esprit bourdonnent de questionnement sur leur identité, le genre, leur force.  Les personnages décadents, vibrants et terribles de vérité peuplent le roman comme les histoires tragiques peuvent peupler les nuits d’un Paris d’après-guerre.

La chambre de Giovanni est mon premier roman de James Baldwin, dont je ne connaissais que les nouvelles. J’y ai découvert ici une écriture abrupte, magnifique et musicale. Voyez par vous-même :

 

« Je suis resté ici couché des nuits à attendre ton retour, songeant que mon village est loin et qu’il est terrible d’être ici dans cette ville glaciale, parmi des gens que je hais, où tout est froid et tout est mouillé, et jamais chaud et sec comme là-bas, et où Giovanni n’a personne à qui parler, personne avec qui vivre, et où il a trouvé un amant qui n’est ni homme ni femme, rien que je puisse connaître ni toucher. Tu ne sais pas ce que c’est, bien sûr, que de rester couché éveillé la nuit, et d’attendre quelqu’un qui ne rentre pas ? […] Tu ne sais rien des choses terribles de la vie – c’est pour ça que tu souris et que tu danses comme tu le fais et tu crois que la comédie que tu es en train de jouer avec la petite fille aux cheveux courts et au visage de lune s’appelle amour ».

 

IMG_20190707_103214_417La chambre de Giovanni de James Baldwin (Giovanni’s Room) traduit par Elisabeth Guinsbourg aux éditions Rivages. 1956


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Né à Harlem en 1924, James Baldwin écrit romans, poésie, nouvelles, pièces de théâtre et d’essais. Dans les années 40 il part à Paris et à Londres, mû par les relations tendues avec son beau-père, le racisme ambiant et des questions d’identité sexuelle. Il rentre aux États-Unis en 1957 pour s’impliquer dans le mouvement pour les droits civiques. Dans ses œuvres, Baldwin explore des thèmes comme l’homosexualité dans La chambre de Giovanni, ou la condition des Noirs dans Chronique d’un pays natal et La prochaine fois, le feu.

Baldwin s’installe en France en 1970 dans une ancienne maison provençale où il meurt en 1987.

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